Paroles d’auteur


IMG_1579 - univUne langue pour la justice

Jean-Marie Klinkenberg

 

 

 

Jean-Marie Klinkenberg vient de publier son dernier livre, La Langue dans la cité. À cette occasion, Christiane Buisseret, présidente de l’Association belge des professeurs de français, a eu un entretien avec l’auteur, que publie la revue Vivre le français (n° 244, mars 2015).

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Christiane Buisseret. Vous êtes connu pour vos travaux en linguistique, en sémiotique et en histoire des littératures francophones. Ce livre semble détoner dans votre production…

Jean-Marie Klinkenberg. Oui, il s’agit résolument d’un essai et non d’un travail académique (on n’y trouvera pas de notes en bas de page !). Et même s’il contient certains passages qui pourront apparaitre comme un peu didactiques — ils me paraissaient nécessaires —, il s’agit d’un livre engagé, comme son sous-titre (Vivre et penser l’équité culturelle) le suggère du reste. J’y trace les grands traits de ce que pourrait être une politique linguistique qui contribuerait à plus de justice. Et pour cela, je renverse le rapport que l’on établit généralement entre la langue et ses utilisateurs. Ceux-ci sont en effet souvent considérés comme des locataires de la langue, des locataires constamment surveillés et gourmandés, et non comme ses propriétaires. Je tiens que la langue est faite pour eux­  — pour leur développement, leur promotion, et même pour leur bonheur —, et que ce n’est pas eux qui sont faits pour elle et pour son prétendu « génie ».

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