Chronique d’auteurs #21


Marie de Heredia (prise par Pierre Louÿs en 1898)Trois étoiles

Luc Dellisse

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Virulentes ont été mes amours pour quelques femmes du passé.

Hélène de Surgères, si belle et si sage. Ronsard s’y est cassé les dents, celles qui lui restaient. Anne-Prospère de Launey, belle-sœur du jeune marquis de Sade, et son amante. Je vois son visage, je vois ses mots, ils me font brûler.  Et Marie de Régnier, l’incomparable, l’absolue.

Marie est une de mes passions platoniques les plus ardentes. Seule la barrière spatio-temporelle infranchissable a fait que je ne l’ai pas rencontrée, et je n’aurais laissé passer aucune chance de la prendre dans mes bras. Elle avait un charme espiègle, libre, brillant et parfois un peu tragique que je trouve irrésistible, et un regard à faire revenir un mourant. Elle était la poésie, incarnée contre toute espérance, et la beauté même, dans son mélange inimitable de vivacité et de langueur.

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