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Le sourire
de Bérénice
Sandrine Willems
roman
Les Impressions Nouvelles, collection
Traverses
204 pages -16 x 24 cm
17 euros
ISBN 2-906131-76-8
EAN 9782906131767
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Le livre
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« De Bérénice, on ne
sait presque plus, aujourd’hui, que ce que Racine en raconta.
Or l’histoire de cette princesse juive s’avère
encore plus romanesque, voire plus tragique, que l’œuvre
du tragédien : arrière-petite-fille de l’Hérode
qui massacra les Innocents, petite-nièce de celui qui laissa
tuer le Christ, épouse de son oncle et maîtresse
de son frère, ne fût-ce que par sa famille Bérénice
était vouée à la plus en vue des scènes.
Par cette lourde origine, d’emblée elle fut aussi
tiraillée entre Juifs et Romains, au moment des sanglantes
révoltes qui aboutirent à la ruine de Jérusalem.
Ce fut Titus lui-même, son amant à venir, aux yeux
des siens à jamais faisant d’elle une traîtresse,
qui incendia le Temple ; l’amour du jeune guerrier et de
la reine, de treize ans plus âgée, dès l’abord
eut l’éclat d’un bûcher.
Ce qui suivit fut à la hauteur : un voyage en Egypte, où
se hissant au rang des dieux de ce pays, Titus sacra le taureau
incarnant sur la terre Apis ; un débarquement près
de Pompéi, sur les traces de cet apôtre Paul dont
les prêches avaient tant marqué Bérénice
; puis une année à Rome, où Vespasien, père
de Titus, en prenant le titre d’empereur avait fait de son
fils l’héritier de l’Empire. Celui-ci n’en
promettait pas moins à sa reine juive de l’épouser
– mais les pressions du peuple, et de son père, finirent
par l’en dissuader.
Bérénice fut répudiée, et s’en
retourna vers sa patrie qu’elle avait si souverainement
reniée. Elle y demeura, et peut-être y pleura, plusieurs
années durant ; mais aussitôt eut-elle appris la
mort de Vespasien, et l’accès de son fils au pouvoir,
qu’elle accourut à Rome, sûre d’y retrouver
son amant enfin libre. Titus ne daigna pas seulement la voir.
De Bérénice, on ne sait plus alors rien –
sinon qu’elle mourut l’année même de
cette trahison ; l’année, pareillement, de l’éruption
du Vésuve, qui anéantit Pompéi…
Le règne de Titus, en effet, ne fut qu’une suite
de catastrophes, considérées par les Juifs comme
le prix de ses saccages. Le jeune empereur, il est vrai, par sa
mansuétude, semblait avoir quelque chose à racheter.
Mais à sa mort, après seulement deux ans de règne,
alors qu’il venait d’entrer dans la quarantaine, deux
ans à peine après la mort de sa maîtresse,
ne fut-ce pas à elle qu’il pensa, au coup fatal qu’il
lui avait porté, lorsqu’en son dernier soupir, il
dit avoir sur la conscience un crime qu’il ne pourrait jamais
se pardonner ?
Tels sont les faits. La fiction n’eut qu’à
les polir, de-ci de-là, simplement pour mieux faire sentir
à quel point ils étaient vrais. La plume n’eut
qu’à glisser, comme sous les doigts d’un scribe
égyptien, pour que se réveillent les passions, les
souffrances, et les joies. Sur le récit, souvent l’émotion
prit le pas ; et plutôt qu’une tragédie, ou
un roman, sur les cendres de ce volcan, ce fut un chant qui s’éleva.
»
Sandrine Willems

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L'auteur
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Née à Bruxelles en 1968, Sandrine Willems vit aujourd'hui en Provence.
Ayant commencé très jeune un parcours de comédienne, elle entreprend ensuite des études de philosophie, qui s'achèvent par une thèse de doctorat sur Georges Bataille. Une licence d'études théâtrales à Strasbourg la ramène alors au théâtre par la mise en scène. Elle réalise ensuite, pour le cinéma et la télévision, plusieurs courts et moyens métrages, ainsi que des documentaires musicaux. Enfin, l'écriture de scénarios l'ayant conduite à la littérature, c'est à celle-ci qu'elle se consacre depuis quelques années.
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La presse
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“Les livres de Sandrine
Willems sont toujours empreints d'une atmosphère atemporelle
et intime. Ce sont des dialogues noués avec des êtres
d'élection, qu'ils soient hommes, bêtes ou dieux.
Le Sourire de Bérénice rapporte la vie
de la princesse juive qui inspira Racine : la mémoire n'a
retenu que l'argument d'une tragédie exemplaire. Sandrine
Willems a choisi d'en embrasser le destin, l'imagination et l'intuition
venant combler poétiquement les lacunes de l'Histoire.
Descendante des Hérodes, contemporaine des disciples du
Christ, en révolte contre Rome, Bérénice
tombe amoureuse de Titus, fils de l'empereur Vespasien, responsable
du saccage de Jérusalem et de la destruction du Temple.
On la suit de sa naissance à sa mort, des bords du lac
de Tibériade au Nil, de Jérusalem à Rome,
errant parmi les dieux dans une quête continuelle de soi,
en proie aux tourments de l'amour fou. Bérénice
connaît la totale dépossession. Fiancée délaissée,
elle fait le deuil de son amour, après l'avoir fait de
sa patrie et de ses rêves avant de s'abîmer dans la
mélancolie. Le Sourire de Bérénice
a la grâce et le charme des fresques antiques.”
Jean-Didier Wagneur,
Liberation, 1er juillet 2004
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Liens
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- Notre page consacrée à Sandrine Willems
Sandrine Willems aux Impressions Nouvelles :
- Les petits dieux, onze « romans miniatures », écrits avec le soutien de la Communauté Française de Belgique, 2001-2002 ; sélection finale du prix Rossel 2002.
- Le Roman dans les ronces, ou la légende de Charles VI, roi fou, et de sa servante, 2003.
- Élégie à Michel-Ange, récit, 2005.
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