Aujourd’hui le Catalan Ferran Adrià est sans aucun doute le cuisinier le plus médiatisé de la planète. ElBulli, classé de longue date meilleur restaurant du monde, recevait chaque année près de 2,5 millions de demandes de réservations, alors que le restaurant n’était ouvert que six mois par an. C’en était encore trop : le 30 juillet 2011, Ferran Adrià a fermée son établissement, afin de révolutionner non pas « la » cuisine mais « sa » cuisine, une fois encore. Ferran Adrià n’est plus un cuisinier mais un artiste, et cela constitue dans l’histoire de l’esthétique un événement qui ne peut laisser indifférente la philosophie. Manger peut-il devenir l’un des beaux-arts ? C’est à cette question que Jean-Paul Jouary répond avec autant d’élégance que de finesse, tout en montrant les « Å“uvres » de l’artiste, superbement photographiées par Francesc Guillamet. L’étude de Jean-Paul Jouary est suivie d’un entretien inédit avec Ferran Adrià .
L’Art des Mets est nominé par l’Académie Nationale de Cuisine dans la catégorie « Grands Prix de Littérature Culinaire 2011″.
Ce dernier ouvrage vient de paraître en espagnol en novembre 2012 chez Alianza Editorial, éditeur de littérature et sciences humaines. Deux autres traductions se préparent, en coréen et en anglais.
L’auteur
Jean-Paul Jouary est agrégé et docteur d’État en philosophie, professeur de chaire supérieure à Paris. Il a publié une vingtaine d’ouvrages de philosophie des sciences : Comprendre les illusions (1981), Enseigner la vérité ? (1996), Diderot face à Galilée et Descartes (2011) ; de philosophie politique : L’art de prendre son temps (1994), Prendre la politique avec philosophie (2003), Je vote donc je pense (2007), Rousseau citoyen du futur (2012) ; d’esthétique : L’art paléolithique (2002) et sur l’apprentissage de la philosophie : Entrer en philo (1994), Philosopher, et si c’était facile ? (2008). Passionné de gastronomie et d’œnologie, il fréquente Ferran Adrià et sa cuisine depuis plus de quinze ans et propose l’idée qu’avec lui, pour la première fois, la création culinaire devient un art à part entière.
Francesc Guillamet est le photographe officiel du restaurant ElBulli.
Ferran Adrià est tout simplement le meilleur cuisinier du monde.
Jean-Paul Jouary va publier en octobre 2012, aux Impressions Nouvelles, un essai sur le lien réciproque entre les oeuvres d’art et la formation de l’homme : Préhistoire de la beauté.
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Sommaire
– Entrée
I – Un artiste en cuisine ?
Pourquoi un philosophe décide-t-il d’écrire sur un cuisinier ? Manger : une portée esthétique ? Le sens du goût, méprisé. Les philosophes et la cuisine. La technique opposée à l’art ? Ferran Adria invité comme artiste contemporain. Une composition musicale sur un repas à elBulli. Références artistiques et comportement d’artiste. Les conditions requises pour faire partie des beaux-arts.
II – Dîner à elBulli.
Sensations, étonnements, rires, réflexion : une suite d’expériences émotionnelles. Exemples de dégustations. L’ambiance d’un repas à elBulli. Le goût, le mental et les mots.
III – Grande histoire et petites histoires.
Les quatre étapes de l’ascension de Ferran Adria. Le sacre mondial. Polémiques soudaines. Les termes du débat : le naturel et l’artificiel. Tradition et création.
IV – De l’hygiène au plaisir.
Petite histoire de la gastronomie. La rupture de 1789. La « cuisine bourgeoise ». La « nouvelle cuisine ». Les autres cuisines. ElBulli : naissance d’une nouvelle catégorie.
V – Une culture de la rupture
Adria et l’héritage. Les maîtres. L’évolution du disciple. Conservation et dépassement de la « nouvelle cuisine » : les « Commandements » et l’invention d’une démarche.
VI – Une critique de la faculté de goûter.
Les innovations radicales dans le « triangle saveur – texture – température » : déconstruction, trompe-l’œil, surprise, rire, transferts de texture, dématérialisation, la réflexion obligée.
VII – L’un des beaux-arts ?
L’attitude artistique de Ferran Adria. Ses relations avec les autres arts de Catalogne. Contre-courant et universalisation. Le rayonnement mondial d’elBulli : un « monde de l’art ». Les principes de la méthode créative d’Adria.
VIII – Ordre et désordre
La décision d’imposer un menu et sa signification esthétique. Le nouvel ordre du repas. Insertion dans l’histoire des repas. Créer entre Barcelone et Tokyo sans quitter la France.
IX – La déconstruction jusqu’au bout.
L’invention d’une nouvelle grammaire du repas. Évolution. Le sens nouveau et le « sixième sens ». Le problème du vin. Une harmonie à réinventer.
X – De la commande à la création.
La construction d’une esthétique nouvelle et le sens de la fermeture d’elBulli pour deux ans.
– Les entremots de Ferran AdriÃ
– Mille feuille à la carte
– Menus remerciements
Revue de presse
INTERNET
« Inventer, innover, c’est la marque de fabrique du casseroleur catalan, chef de file d’une cuisine postmoderne contemporaine sans esbroufe, un cuisinier aux bases éprouvées, en transe Âd’inventivité. Adrià est celui qui a lancé la déconstruction. Soit un plat connu, avec ses ingrédients classiques, mais recomposé différemment en texture, en température et en présentation. Il est aussi le premier à utiliser le siphon non pour une chantilly mais pour des espumas (écumes), à effacer la frontière entre le sucré et le salé, cassant ainsi l’ordre d’un menu, à présenter le verre comme un contenant à part entière, moulant sans moule, permettant de jouer, une fois de plus, sur les températures et les superpositions. Tel est notamment le « palmarès » d’un cuisinier hors des clous, retracé par Jean-Paul Jouary, Âphilosophe. Qui dresse une espèce d’hommage tourné vers le passé, puisque le restaurant est fermé, et en même temps une Âpromesse d’avenir (puisqu’il rouvrira un jour). »
Jean-Claude Renard, Politis.fr, mars 2012
« […] Les mots utilisés par Jean-Paul Jouary, aidés par les très belles photos de Francesc Guillamet, donnent encore plus de hauteur et de profondeur à l’œuvre créatrice du chef espagnol. L’écriture est limpide, éclairante et riche sans jamais être absconse. Et si l’amour de l’auteur pour la cuisine du maître est prégnant à chaque page, cela n’empêche pas que ce livre questionne sans cesse la nature et la portée de l’acte créatif en cuisine et sa place dans la grande histoire des beaux-arts. […]«
Franck Pinay-Rabaroust, Atabula. Le site, février 2012
« Ferran Adrià n’est plus un simple cuisinier mais un artiste. Et cela constitue dans l’histoire de l’esthétique un événement qui ne peut laisser indifférente la philosophie. Manger peut-il devenir l’un des beaux-arts ? C’est à cette question que Jean-Paul Jouary répond avec autant d’élégance que de finesse, tout en montrant les créations d’elBulli, superbement photographiées. »
Chef.com, décembre 2011
« […] C’est pour lui rendre hommage que Jean-Paul Jouary a écrit un livre étonnant, intelligent, surprenant: Ferran Adria, l’art des mets (Editions Les impressions nouvelles). Sous-titré « un philosophe à El Bulli », mêlant avec bonheur exemples précis, souvenirs divers, considérations culinaires et réflexions esthétiques, cet ouvrage ne ressemble, lui non plus, à rien de connu. […]«
Vincent Olivier, L’Express.fr, décembre 2011
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PRESSE ÉCRITE
Le Devoir
« Intéressant. L’auteur classe Adrià au même rang que Steve Jobs, c’est-à -dire parmi les grands créateurs du siècle. Bien loin de l’entrevue avec un cuisinier qui explique son art et sa perception de la cuisine, le livre présente ses créations, qui sont plus près de celles d’un grand chimiste que de celles d’un Bocuse. Un bouquin riche en témoignages, et que la philosophie transforme en émotions du goût. »
Philippe Mollé, Le Devoir, novembre 2011
El PaÃs
Un long article richement illustré sur la traduction en espagnol de Ferran Adrià , l’art des mets. Un philosophe à elBulli de Jean-Paul Jouary est paru dans le quotidien généraliste, 18 novembre 2012
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RADIO
Bien dans son assiette (Radio-Canada.ca)
Chronique de Rémy Charest, 15 février 2012
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