Le 15 octobre 1905 commençait à paraître dans la presse américaine une bande dessinée qui allait révolutionner le monde de la narration par l’image : Little Nemo in Slumberland.
Winsor McCay, qui fut aussi un des pionniers du dessin animé, a créé avec son « petit Nemo » un personnage tout aussi attachant que l’Alice de Lewis Carroll. Par la qualité, voire l’audace de ses dessins, par la subtilité de sa réflexion sur le monde du rêve, Little Nemo reste un exemple inégalé.
Comme l’a écrit Bill Watterson, l’auteur de Calvin et Hobbes : « L’imagerie onirique de Little Nemo est toujours aussi stupéfiante. Chaque planche est une merveille de mise en pages et d’ornementation. McCay invente sans arrêt, il déforme tout avec humour, ses coloris sont subtils, ses panoramas ont une splendeur architecturale. Jamais une autre bande dessinée n’a aussi bien mis à profit les possibilités de ce médium à nous surprendre. »
C’est pour rendre hommage à cette création exceptionnelle que Les Impressions Nouvelles publient un superbe album rassemblant pour la première fois :
- Des documents originaux digitalement restaurés, qui montrent dans toute leur beauté les plus belles pages de Little Nemo in Slumberland.
- Des études et des essais par les meilleurs spécialistes : Pierre Fresnault-Deruelle, Jean-Marie Apostolidès, Henri Van Lier, Serge Tisseron, Thierry Groensteen, Gilles Ciment, Jacques Samson, Thierry Smolderen, Pierre Sterckx, Peter Maresca, Jan Baetens, Benoît Peeters.
- Des créations graphiques inédites en hommage à Little Nemo, dues aux plus grands dessinateurs d’aujourd’hui : Art Spiegelman, François Schuiten, Moebius, Lorenzo Mattotti, Miguelanxo Prado, Katsuhiro Otomo, Craig Thompson, Dylan Horrocks, David B, Marc-Antoine Mathieu, Frédéric Boilet, Jean-Philippe Bramanti, Igort.

Dessins et documents rares de :
Winsor McCay
Bandes dessinées et illustrations inédites de :
David B, Boilet, Bramanti, Horrocks, Igort, Mathieu, Mattotti, Moebius, Otomo, Prado, Schuiten, Spiegelman, Thompson
Textes de :
Apostolidès, Baetens, Ciment, Fresnault-Deruelle, Groensteen,
Maresca, Peeters, Samson, Smolderen, Sterckx, Tisseron, Van Lier
Revue de presse
PRESSE ÉCRITE
Epok
Voilà cent ans que Winsor McCay a déjà tout inventé dans la bande dessinée. Avec son personnage de Little Nemo, le petit garçon qui vivait en rêve des aventures merveilleuses à Slumberland, McCay a exploité toutes les possibilités visuelles de ce mode d’expression. Assorti des commentaires des habituels intellectuels de la BD (de Peeters à Tisseron), le livre montre surtout, à travers sa superbe mise en pages, toute l’inventivité du travail graphique de McCay. Et les contributions d’auteurs de BD d’aujourd’hui sont assez savoureuses, notamment celle du Japonais Otomo (l’auteur d’Akira): on sait enfin à quoi ressemble Little Nemo quand il rêve…
Epok, 3/11/2005
Télérama
Dans cet élégant album, dessinateurs d’aujourd’hui et exégètes haut de gamme lui rendent un exceptionnel hommage. Le choix des illustrations et la splendeur de documents originaux aux couleurs subtilement restaurées font le reste.
Télérama, 23/11/2005
Le Nouvel Observateur
eSon personnage emblématique, un mignon petit dormeur, est fêté dans le magnifique « Little Nemo, 1905-2005, un siècle de rêves » : ses dessins sont habilement commentés par des critiques mais aussi par des dessinateurs de tous horizons.
Laure Garcia – Le Nouvel Observateur – 27/10/2005
Le Vif
Le livre est une petite merveille de l’édition, avec planches restaurées, commentaires intelligents et hommages d’auteurs.
Le Vif – 21/10/2005
Album
Les Impressions Nouvelles fêtent le centenaire de cet événement de la plus belle des manières, en publiant un livre mêlant articles des plus éminents spécialistes du 9 ème art et hommages de dessinateurs venus de tous horizons.
Album – octobre 2005
Libération
Pour célébrer les cent ans du petit rêveur qui tombe toujours de son lit, Les Impressions Nouvelles ont allié sans accrocs une série de planches originales à des hommages rendus par des dessinateurs pointus et à d’instructives études.
Eric Loret – Libération – 6/10/2005
Le Temps
Le livre est à la fois savant et grand public, avec des reproductions de quelques pages aux couleurs restaurées, des commentaires historiques et analytiques, et des hommages dessinés de 13 grands auteurs contemporains.
Ariel Herbez – Le Temps – 15/10/2005
INTERNET
Il s’agit, certainement, de l’un des plus beaux livres, concernant le 9 ème art, publié ces dernières années.
Gilles Ratier – Bdzoom.com – 17/10/2005
La publication d’un livre n’est jamais un acte anodin chez les Impressions Nouvelles. Et cette fois-ci, c’est un véritable bijou qui est sorti de leur maison. Le format est grand, la couverture enrobée dans une belle jaquette, la qualité de l’impression laisse songeur. L’intérieur de l’ouvrage ne déçoit pas, bien au contraire : les illustrations et planches de bandes dessinées sont en pleine page où seule une élégante bordure vient les rehausser, la qualité de l’impression est à la hauteur du grammage et de la texture du papier, et la simple liste des auteurs présents pour cet hommage laisse pantois ! [...]
En un mot comme en un article, cet ouvrage fait partie de ceux qui trouvent tout naturellement leur place sur nos étagères et que l’on hésiterait presque à prêter, mais que l’on exhibe avec fierté.
Anabel Delage – lelitteraire.com – 12/10/2005
Objet esthétique, documentaire, analytique, synthétique à manipuler avec délices et respect : l’essentiel est magnifiquement rassemblé dans ce Little Nemo qui, cent ans après le 15 octobre 1905, fera date dans l’histoire de la bande dessinée.
Jean-Pierrre Longre – Sitartmag – octobre 2005
Sommaire de l’album
Benoît Peeters : Un jeune centenaire
Art Spiegelman
Jean-Philippe Bramanti
Thierry Smolderen : Mr McCay in Slumberland : dessin, attractions, rêve
David B
Jacques Samson : Les songes de l’enfant-lit
François Schuiten
Jean-Marie Apostolidès : Un rêve américain
Lorenzo Mattotti
Jan Baetens : Little Nemo in Slumberland, quatre poèmes
Pierre Fresnault-Deruelle : Le syndrome de l’hélicon
Igort
Moebius
Serge Tisseron : Mon rêve est une BD
Dylan Horrocks
Pierre Sterckx : Winsor McCay ou la tentation de l’anamorphose
Craig Thompson
Henri Van Lier : 1905 et Little Ne-homo
Katsuhiro Otomo
Gilles Ciment : Des songes animés : Nemo en mouvement
Frédéric Boilet
Peter Maresca : Autres Nemos, autres rêves
Miguelanxo Prado
Thierry Groensteen : La réception de Little Nemo
Marc-Antoine Mathieu
Winsor McCay
La vie de Winsor McCay pourrait se résumer en deux mots : il dessina. « Je ne pouvais pas m’empêcher de dessiner tout et n’importe quoi », raconta-t-il un jour.
Né le 27 septembre 1867, Winsor McCay passe son enfance à Spring Lake, Michigan, dans un milieu rural et plutôt modeste. Inscrit par ses parents dans une école de commerce, il déserte les cours et file à Detroit où l’attirent les spectacles fantastiques d’un Wonderland, le parc d’attractions local. Après un bref séjour à Chicago, dont l’architecture le marque profondément, McCay s’installe à Cincinnati, réalisant enseignes, affiches et toiles peintes pour le « Vine Street Dime Museum », avant de rejoindre l’un des journaux locaux comme illustrateur polyvalent.
En 1903, cédant aux sollicitations d’un ancien collègue, il rejoint le New York Herald que dirige James Gordon Bennett. Après l’éphémère Mr Goodenough , le dessinateur crée en juillet 1904 sa première bande dessinée importante importante, Little Sammy Sneeze . Trois mois plus tard naissent les superbes et audacieux Dreams of the Rarebit Fiend ( Cauchemars de l’amateur de fondue au chester ), première ouvre de McCay à explorer les possibilités du rêve. Enfin, le 15 octobre 1905, Little Nemo fait son entrée, tout en couleurs, dans le supplément du dimanche.
En 1906, McCay commence à apparaître sur les scènes de music-hall, dessinant en direct, sans commentaire mais en musique. Le succès de Little Nemo devient bientôt considérable et contribue largement à accroître l’audience du New York Herald . En 1908, Little Nemo est monté à Broadway sous forme de comédie musicale, avant de tourner avec succès à travers tous les États-Unis.
En 1911, en même temps qu’il cède aux offres de William Randolph Hearst, le dessinateur se lance à corps perdu dans une nouvelle aventure : le dessin animé. Véritable champion des spécificités, McCay pressent dès ses premières tentatives beaucoup des possibilités du genre, anticipant Tex Avery tout autant que Walt Disney.
Il meurt le 26 juillet 1934, sans avoir pu achever son dernier dessin.
