La cathédrale de Sens (mais
la formule, on le voit tout de suite, est à prendre dans
plusieurs... sens) forme le point commun aux sept nouvelles de
ce livre. Chacune développe sa propre intrigue: une erreur
de circulation dévoile à un écrivain les
curieux ressorts de son existence; une nourriture pimentée
ouvre sur les paradoxes d’un singulier rapt temporel; l’abolition
d’une île conduit à une sobre formule d’adieu;
les préparatifs d’un attentat terroriste se prennent
au piège d’une machination infinie; sous prétexte
d’un dessin se fomentent peu à peu les prémisses
d’un jeu érotique inavouable; une affaire qui semblait
avoir tourné court subit d’imprévus rebondissements
narratifs; la recontre de deux agents secrets s’avère
soumise à un paranoïaque dispositif de poésies...
Or, il y a davantage. En effet, à la manière d’un
Poe qui, dans Le scarabée d’or, aurait finalement
déchiffré lui-même son récit, ou d’un
Borges qui, dans Le jardin aux sentiers qui bifurquent, aurait
vraiment proposé le livre contradictoire de Ts’ui
Pên, tout prend ici à revers la lecture naïve.
Chaque fois que se tisse, par “en-dessous” comme disait
Mallarmé, une incessante crypte d’allusions et d’illusions,
de consonances et de correspondances, dont les échos et
les arcances, mot à mot éclarcis,
superposent les significations selon une étrange arhcitecture,
jusqu’à construire en quelque sorte une “cathédrale
de sens”.
De la quatrième de ces aventures,
quand elle parut dans le journal Le Monde, Jacqueline Piatier
écrivit: “mais que le critique sans cesse présent
au côté du romancier n’empêche point
Une promenade contrariée d’offrir au lecteur des
attraits aussi vifs qu’un texte se donnant pour inspiré
ou innocent, voilà qui mérite hommage et réflexion”.