Avant Ma robe n'est pas froissée (Les Impressions Nouvelles, 2008), Corinne Hoex a été remarquée pour la publication de deux ouvrages, Le Grand Menu (L'Olivier, 2001) et Cendres (Esperluète, 2002). Nous reproduisons ci-dessous une sélection d'extraits de presse, classés par ordre de dates. Ceux qui concernent Le Grand Menu sont groupés en premier lieu ; en second lieu, nous avons placé les extraits qui se rapportent à Cendres.
Le Grand Menu, L'Olivier, 2001
Dans Le grand menu, Corinne Hoex essaie de rester au ras des sensations d'enfance. En juxtaposant des séquences brèves concernant successivement "Papa, Dieu, Maman et moi" vus à un certain âge, elle évoque de l'intérieur les affres de la bonne éducation, les images étranges issues des mots qu'on ne comprend pas, les peurs nées de la confrontation avec un monde qui reste globalement étranger.
Tiphaine Samoyault in Les Inrockuptibles, 6 février 2001 (extrait)
Le plaisir que procure le roman de Corinne Hoex est double. Il tient d'abord à la mise en mots des croyances et des fantasmes de la petite fille, narratrice du livre à laquelle la romancière ne prête aucune des connaissances de l'âge adulte. Aussi le lecteur en sait-il parfois plus que la narratrice et est-il charmé par ce regard posé sur des détails qu'il connaît mais qu'il ne voit plus (comme le maquillage féminin, par exemple).
Le roman doit également beaucoup au portrait sévère et étonnant que la petite fille brosse de ses parents. […] La narratrice ne déclare jamais "Je manque d'affection", mais le lecteur s'en rend compte quand elle s'enferme au fond d'une armoire pour chercher dans les vêtements de sa mère les caresses qu'elle ne trouve nulle part ailleurs…
Laurent Demoulin in Le Matin, 13 février 2001 (extraits)
Corinne Hoex narre l'intériorité d'une enfance avec une minutie d'entomologiste. […]
Tous les ingrédients obligés sont convoqués dans la recette : les terreurs, l'éveil de la sexualité, le mystère de Dieu, l'émoi où vous plonge une mère séductrice, un père à la fois bon et éventuellement redoutable, les mille émerveillements, les mille et un effrois devant les choses de la nature, l'insigne cruauté des choses, les pièges et les trésors que recèle le monde vivant. L'énigme insondable de la mort. Le silence ambiant, le vacarme intérieur.
Pierre Mertens in Le Soir, 14 février 2001 (extraits)
Sans aucun dialogue, sans autre point de vue que celui de sa narratrice, fillette à l'imagination débridée, Le grand menu de Corinne Hoex (qui signe ici un premier roman très prometteur) cache entre ses lignes un secret de famille dont on se demande finalement dans quel enfer il va conduire le lecteur. Rigueur, retenue, onirisme, et refus de toute narration hypocrite (la vie sexuelle des parents est évoquée en mots remplis de pudeur bien que très précis) composent l'ordinaire de ce banquet sensuel, poétique, et enchanteur, qui décrit pourtant au final un monde d'adultes bien inquiétant.
Maxime Romain in La Marseillaise, 18 février 2001 (extrait)
Corinne Hoex ne vit que pour ce roman, son premier. Ce nouveau-né qui fait ses premiers pas médiatiques chez Pivot, elle le sort de ses langes avec curiosité, comme s'il commençait enfin à lui échapper. […]
La petite fille raconte, elle dit son désir d'amour et l'absence de tendresse, ses grandes peurs et ses petits secrets. Elle s'en veut d'être si bête, un cas unique sans doute dans les histoires de famille, ses parents n'ont vraiment pas de chance avec elle. […]
Dans ce relevé quasi ethnographique des détails d'une enfance, les mots les plus simples se gonflent de densité, jusqu'à transmettre un sentiment d'oppression. Je ne savais pas où j'allais , confie Corinne Hoex, c'est ça qui me plaît . A Pivot et au lecteur aussi, on n'en doute pas.
Alain Delaunois in Le Soir, 23 février 2001 (extraits)
Un magnifique premier roman à se glacer les sangs, celui qui résonne sous les tempes de cette enfant, seule au beau milieu de ses parents, à appréhender le monde au travers de leur seul regard, à vivre au rythme souverain de leur impérialisme alimentaire, vestimentaire ou éducatif. A travers la malsaine dynamique d'un couple d'adultes narcissiques, égoïstes et cruels, Corinne Hoex dresse un terrible portrait de famille où se résume, entre autres, tout le désarroi des enfants uniques.
Sandrine Mossiat in Kiosque, mars 2001
La naissance racontée comme un massacre. Les premiers regards vécus comme un tremblement de terre. Les balbutiements dans la vie qui s'apparentent à de la stratégie guerrière. C'est la vie racontée par une petite fille. L'innocence n'existe pas, le bonheur n'a pas de nom. Il y a juste la cruauté et puis la douleur, inexplicable mais bien réelle.
Ce premier roman de Corinne Hoex, qui s'avère experte en exploration humaine — âmes et tripes — est un coup de poing au ventre. Un livre de cri, de pleurs, de rage, de solitude. Un livre incandescent écrit par le diable. Chaque mot résonne comme une explosion, chaque phrase porte la torture de n'être pas aimée.
Martine Laval in Télérama, 3 mars 2001 (extrait)
On devrait dire qu'on entre en roman comme on entre en poésie. Ce serait certes le cas pour Corinne Hoex qui signe son premier roman dans une écriture qu'elle fait sienne, dans un projet qui est d'emblée de l'ordre du romanesque et de la justification même du genre. Il fallait cet outil — le roman — pour permettre ce regard sur le monde, celui de la maison, de la famille. Et pour mieux circonscrire le monde d'aujourd'hui, elle retourne à celui de l'enfance, la sienne ou vraisemblablement toutes celles aussi qu'elle a croisées. Elle revisite ce passé, elle rouvre les petites plaies cicatrisées, les impressions fugitives qu'elle n'a cessé de réinterpréter. […] La plume a la précision du scalpel et le rapport est impitoyable.
Le Mensuel Littéraire et Poétique, mars 2001 (extrait)
Un univers pesant et ambigu, parfois trouble, émerge de la rigoureuse simplicité de ce Grand menu . Celui de l'innocence — on songe au Mozart assassiné de Saint-Ex — bafouée par l'autoritarisme, l'égoïsme, la vanité, l'insouciance ou l'indifférence de ceux qui, détenant pouvoir d'ouvrir sur le monde, en condamnent systématiquement portes et fenêtres. Ici, dans le cadre oppressant d'une famille. Ailleurs, d'autres systèmes, à échelle plus large, ne procèdent pas différemment.
Monique Verdussen in La Libre Belgique, 7 mars 2001 (extrait)
L'écriture n'est pas celle d'une gamine de huit ans, c'est un langage précis, simple et intelligent, et qui vaut à lui seul le détour. Loin de tomber dans la facilité de l'imagination enfantine pure et simple, Corinne Hoex brosse à travers ce regard d'enfant le portrait de toute une société, et c'est certainement une des grandes réussites de ce livre.
Pascal Leclercq in Le Carnet & les Instants, 15 mars 2001 (extrait)
Quant au premier roman de Corinne Hoex, il enferme son lecteur entre les quatre murs d'une grande maison bourgeoise. S'y trouvent emprisonnés un père, une mère et une petite fille très observatrice. Elle décrit leur vie d'aliénation hautaine, le dressage dont elle est la victime, l'effroi de l'enfance en quelque sorte. D'un regard d'entomologiste, elle décrit les moindres faits et gestes […] On voudrait croire que la petite fille invente alors qu'elle ne fait que patiemment décrire des gens qui pensent, savent et décident. Et elle le fait avec un détachement qui n'est ni de l'innocence ni de la perversité, ce qui donne toute sa force à ce roman réussi de l'enfance contrainte.
Alain Bertrand in Luxemburger Wort, 15 mars 2001 (extraits)
Dolcile, solitaire, apparemment naïve, une petite fille évoque, telle sa compatriote belge Amélie Nothomb, et avec le même masochisme froid, son enfance. Le tout très érotiquement correct.
Claude Mourthé in Magazine Littéraire, avril 2001 (extrait)
Corinne Hoex écrit sur le ton sage de la gamine en jupe écossaise, socquettes et souliers vernis, qui aurait caché sous ses plis un bâton de dynamite. Tex Avery débarque chez Folcoche. Elle énonce, avec la docilité d'enfant bien élevée, ce qui se donne à voir dans cette famille. Acide et féroce. Ici pas de taloche ou presque, c'est à coup d'une effarante normalité que la bonne bourgeoisie belge de l'Expo 58 tue dans l'œuf. La narratrice a réchappé à l'asphyxie mentale, à la coupe au page de sa personnalité, et à sa bobine encadrée dans une assiette en étain posée sur le feu ouvert en cuivre repoussé. Mais pareil abrutissement se paye un jour. Voilà qui est fait et bien fait. Pas de grand déballage, juste un menu bien dosé, terrible, drôle dès lors qu'on a la certitude que cette petite fille hurlant en silence s'échappera un jour, attendra son heure pour aimer tout ce que détestaient ses parents et que jamais elle ne portera de mules à pompons de cygne.
Sophie Creuz in L'Écho, 3 avril 2001 (extrait)
Méfiez-vous des petites filles : sous leur silence, leurs bonnes manières et les plis de leurs robes à col Claudine, elles accumulent assez d'étoupe pour mettre le feu à tout le Pajottenland! Corinne Hoex fait une entrée fracassante en littérature avec ce premier roman, véritable contre-poison au "Marabout Flash du savoir-vivre" dont elle a certainement emmagasiné les préceptes, les uns après les autres, dans son enfance.
Nelle Novak in Femmes d'Aujourd'hui, 12 avril 2001 (extrait)
Corinne Hoex, dans Le grand menu, celui de l'existence telle qu'une fillette doit l'avaler sans broncher, par la loi du plus fort et des coutumes familiales, sait, par l'art déjà consommé, pour un premier roman, du couperet des phrases courtes (et heureusement non scénaristes), par celui des détails de la vie quotidienne d'adultes ordinaires, nous donner un sentiment de malaise et de confinement. Son personnage d'enfant est prisonnier, esclave, il se croit même sans identité. Il ne possède que son imagination et ses dons d'observation cruelle pour se libérer et se sortir de la routine que lui imposent ses parents.
Joël Schmidt in La Réforme, 26 avril 2001
Avec une imagination débridée, Corinne Hoex s'amuse à consigner tous les fantasmes, toutes les terreurs enfantines. Le ton est cruel et narquois, le style précis et tranchant. Un premier roman ravageur.
Monique Ayoun in Biba, mai 2001 (extrait)
Première et inévitable question de l'identité de la petite héroïne. "Autobiographique, Le grand menu ? Clairement, non. D'ailleurs, l'autobiographie n'a rien d'un genre littéraire. Ce roman est plein d'anecdotes qui m'ont servi d'outils pour retrouver mes émotions d'enfant : ce sont elles qui sont vraies." Et la fillette de se persuader que l'homme et la femme qui lui servent de parents et qu'il est convenu d'appeler Papa et Maman sont des usurpateurs.
Anne Boulord in Marie Claire, septembre 2001 (extrait)
Le Grand Menu, premier roman de Corinne Hoex, est une réussite stylistique. Le monde y est vu par une petite fille aux yeux "ouverts comme des bouches muettes". La maison où elle vit est ordonnée à l'image d'un intérieur flamand mais ce qui s'y trame palpite d'inquiétante étrangeté.
Isabelle Rüf in Le Temps, 15 septembre 2001 (extrait)
Une enfance du malaise, de l'enfouissement obligé. Tout cela rendu sans apitoiement, avec une remarquable rigueur, sans jugement, car la chose observée (ainsi des discours de la mère) se juge d'elle-même. Voilà qui nous change des attendrissements faciles sur l'enfance. Un roman captivant par son inconfort moral autant que par la sûreté de son écriture.
Jacques Crickillon in Lectures, novembre 2001 (extrait)
C'est à son écriture que ce roman doit l'essentiel de son charme : Corinne Hoex pratique la phrase courte mais élégante, usant tantôt d'images insolites, tantôt de sentences plus graves, sur ce ton définitif qu'adoptent parfois les enfants. Le tout donne un livre attachant et drôle, qui laisse un sentiment de jamais lu, ce qui est assez rare pour être souligné.
Thierry Detienne in Imagine, février 2002 (extrait)
Cendres, Esperluète, 2002
Après Le grand menu, voici un aspect inattendu de Corinne Hoex, que l'on s'attendait à retrouver dans un roman et que Cendres nous découvre poète. […]
Des poèmes qui, comme avec précaution, comme en un souffle, un halètement, disent en des mots légers comme des flocons de neige, comme une poignée de cendres, l'étrange et infinie douleur de la mort et de l'absence… […]
De courtes barres bleues, du même nombre et de la même longueur que les mots alignés, ondulent sous chaque poème. Un graphisme aussi dépouillé que les mots qu'ils soulignent et qui semble comme le contrepoint feutré de la voix désormais absente…
France Bastia in Nos Lettres, mars 2002 (extraits)
Quelques mois après nous avoir offert Le Grand Menu, qui fit sensation, Corinne Hoex nous revient avec une poignée de poèmes intitulée Cendres.
C'est d'une légèreté et d'une gravité confondantes… Cela s'ouvre au cœur d'un hiver où chaque flocon de neige aurait de l'importance. Ne laissant qu'avec le temps la cendre retomber.
Celle d'un être aimé. On ne saura jamais qui. Un compagnon, un frère ? Cela pourrait être un père. On ne sait. Quelle importance ?
Est-ce cynique , s'interroge Marie-Claire Blais, de vouloir l'accomplissement d'une danse entre tous ces êtres séparés qu'une même crainte unit ?
Et Corinne Hoex de répondre : Là où il ne s'agit plus / de gagner / ou de perdre / là / je sais / que nous sommes ensemble.
Pierre Mertens in Le Soir, 13 mars 2002 (extrait)