Décidément
je t'assassine

Corinne Hoex

Roman

Finaliste du Prix Émile Bernheim
du roman 2010
Sélectionné pour le Prix des Lycéens 2011


Collection "Traverses"
14,8 x 21 cm / 144 pages
ISBN : 978-2-87449-089-7
13 €

   
   
 
Le livre
 
 

Ce n’est pas assez que tu sois morte. Il faut vider. Fouiller les tiroirs. Inspecter les étagères. Chaque matin, je me rends dans ta maison. Je reste jusqu’à la nuit. Boîte après boîte, classeur après classeur, je décime le passé.

Une femme accompagne sa mère à l’hôpital et assiste à ses derniers jours, espérant en vain jusqu’au bout que quelque chose se dise, une parole d’amour. Cette attente déçue laisse la narratrice à la douleur de perdre ce qui n’a pas été. Restée seule, elle vide la maison de sa mère, explorant le passé, grappillant des traces, cherchant sa présence dans un vêtement, une photo, un poudrier, un jeton de casino, des gants noirs, un brin de muguet séché, de vieux patins à glace, ces choses qui demeurent quand la vie est partie, ces choses grâce auxquelles la narratrice, enfin, a accès à sa mère, et dont il est indispensable, néanmoins, qu’elle se débarrasse pour découvrir peu à peu un singulier sentiment de liberté. Le manque irréparable la conduira peut-être à une autre naissance, celle qu’elle-même s’accordera.

Un roman tout en émotion contenue. Une expérience intime, relatée avec pudeur. Un saisissant huis clos mère-fille. Des appels d’amour sans cesse déçus. Des réponses qui ne sont jamais les réponses espérées. Une mère indifférente, inaccessible, que la maladie puis la mort mettent enfin à portée de sa fille. Malgré la cruauté du propos, son cynisme quelquefois et sa lucidité, émane de ce récit une forme de tendresse. Car, paradoxalement, son ton est empreint d’un sentiment d’admiration pour le personnage radical et sans concessions de la mère. Cette mère qui se bat, avec ses moyens dérisoires – les mots croisés, la télévision –, jusqu’à la fin.


 
     
 
Rencontre chez Filigranes (Bruxelles)
 
 

 

 
     
 
Présentation du livre par Éric Brucher (Filigranes)
 
 

 
     
 
L'auteur
 
 

Corinne Hoex vit à Bruxelles. Elle est historienne d’art et a travaillé comme enseignante, chargée de recherches et documentaliste. Elle est l’auteur de plusieurs études relatives aux arts et traditions populaires en Wallonie. Depuis quelques années, elle se consacre à l’écriture de fiction.

Elle a publié trois romans, Le grand menu en 2001 aux Éditions de l’Olivier (réédité en 2010 aux Impressions Nouvelles), Ma robe n'est pas froissée en 2008 aux Impressions Nouvelles et Décidément je t’assassine en 2010 aux Impressions Nouvelles.

Elle a également publié de la poésie, Cendres en 2002 aux Éditions Esperluète (avec des dessins de Bernard Villers), Contre Jour en 2009 aux Éditions Le Cormier (avec des vignettes de Frank Vantournhout et La nuit, la mer en 2009 aux Éditions Didier Devillez (avec des encres de Camille De Taeye).

Elle a publié deux livres d’artistes, La mer, la nuit en 2008 aux Éditions Æncrages (avec des aquarelles de Colette Deblé) et Les nageuses en 2009 dans les Cahiers de Peauésie de l’Adour (avec des aquarelles de Colette Deblé).

Elle a participé à des ouvrages collectifs : Quatorze portraits d’horizons (Belgacom, Rapport annuel 2001), Compartiment auteurs (SNCB-Foire du Livre, 2002 et 2008), Éros dans le texte (ISTI, 2003), Frontière (Éditions La Trame, 2003), Démocratie, j’écris ton nom (Éditions Couleur Livres, 2004), Souvenirs de La Moutte (ACEMI, 2005), La visite est terminée (Éditions La Trame, 2006), En décalage (DVD, Éditions La Trame, 2007), Dialogue et croissance (SNCB, Rapport annuel 2007), Écrivains du monde pour Haïti (Éditions du Banc d'Arguin, 2010), ULB, une fiction vivante (ULB, 2010).

Elle collabore régulièrement à des revues littéraires, Marginales, la Revue de l’Université de Bruxelles, Vu d’Ici, La Semaine Médicale, Le Non-Dit, L’Arbre à paroles et les revues en ligne Bon à tirer et Sources.

Pour Le grand menu, elle est lauréate du Prix Littéraire 2001 des Amis des Bibliothèques de la Ville de Bruxelles et du Prix Soroptimist 2002 de la Romancière Francophone. Elle est également finaliste du Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2001, du Prix Victor Rossel 2001, du Prix Rossel des Jeunes 2001 et du Prix des Lycéens 2003.

Pour Ma robe n'est pas froissée, elle est lauréate du Prix Indications du Jeune Critique 2008 et du Prix Emma Martin 2008 de l’Association des Écrivains de Belgique. Elle est également finaliste du Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2008, du Prix Littéraire 2008 du Parlement de la Communauté française de Belgique, du Prix Marcel Thiry 2008, du Prix Victor Rossel 2008, du Prix Rossel des Jeunes 2008 et du Prix des Lycéens 2009.

Pour Contre Jour, elle est finaliste du Prix Marcel Thiry 2009.

 
     
 
La presse
 
 

"Au décès de sa mère, une femme fait le bilan de la relation qu'elle a eue avec elle. Brimades, distance, rejet, domination, rien ne lui aura été épargné. Le temps est venu de revivre, et une fois achevé l'indispensable travail de mémoire, de faire table rase du passé."

Thierry Detienne, Imagine
mai-juin 2010

"Titre saturé d'amertume et de douloureuse ironie. (...) Blessure très ancienne et à jamais sensible. Celle d'un manque majuscule dont la volonté de s'affranchir n'efface pas les cicatrices."

Ghislain Cotton, Le Carnet et les Instants
avril-mai 2010

"Un roman dépouillé et dur présentant le portrait d'une mère à travers le deuil de sa fille. Et autant le dire d'emblée, au-delà de l'intérêt du propos, c'est véritablement l'écriture qui inscrit Corinne Hoex comme une des voix les plus percutantes de nos lettres belges : diamantaire et bouleversante. (...) Encore une fois, comme dans ses deux précédents romans, Corinne Hoex explore magistralement la violence dans les rapports parents-enfants. Un livre dont la brièveté révèle un travail d'écriture de grand dépouillement pour arriver jusqu'à l'épure, celle de la plus précise sentence, celle qui fait résonner en nous son écho bouleversant. Car il faut lire le texte à voix haute pour en entendre toute la secouante force expressive."

Éric Brucher, Chronique littéraire Radio Antipode
avril 2010

"On y retrouve les qualités d'écriture qui sont la marque de Corinne Hoex : l'extrême sobriété, la pudeur, la suggestion. (...) C'est écrit comme un constat, sans le moindre commentaire. C'est impitoyable de justesse, de talent."

Henri Raczymow, Regards
avril 2010

"Le lexique de Corinne Hoex est d'une grande précision. Les atmosphères, soit à la maison, soit à la clinique, sont saisies sur le vif. (...) le lecteur pénètre dans l'intimité d'une famille. Et il est lui-même initié à ce combat inéluctable, où il sera toujours vaincu, entre la vie et la mort, le fini et l'infini, le visible et l'invisible."

Émile Kesteman, Le Bibliothécaire
n°1, 2010

"Comment accomplir pareil travail de deuil quand la communication non seulement s'est interrompue, mais surtout n'a jamais eu lieu ? (...) le très beau roman de Corinne Hoex dans sa description quasi clinique, si proche de celle que nous sommes tous amenés à vivre quand nous quitte définitivement notre père ou notre mère, ne nous amène-t-il pas à jeter, nous aussi, un regard dans notre propre rétroviseur ?"

France Bastia, Nos Lettres
mars 2010

"Le ton est fort. Âpre. Blessé. Il résonne haut, nous prend à la gorge, ne nous lâche plus. Tout se déverse, une fille parle des derniers jours de sa mère, tente de regarder en face ce qui fut et ce qui ne fut pas. Les traces du passé se traquent, se liquident et finissent dans des sacs poubelles. (...) Un ouvrage sans concession (qui) dissèque l'enfance, compte les failles, les manques, chiffres et photos à l'appui, cris et colères mis en sourdine, le désespoir n'en jaillit que plus fort, Hoex n'use d'aucun effet de pathos et c'est ce qui rend son histoire tellement impressionnante. Pleurer n'est pas émouvoir, l'auteur le sait, et le ton implacable, presque détaché, est bien sa plus grande force. (...) très beau roman, témoin d'une blessure sans appel."

A.-M. Hamesse, Nos Lettres
mars 2010

"Corinne Hoex est un des vrais talents que compte la littérature belge d'aujourd'hui. Avec une plume acérée, elle traque, en peu de mots, l'univers familial dans toute sa complexité qu'elle convoque à table depuis son premier roman Le grand menu jusqu'au lit d'hôpital qui est le décor du dernier livre qui vient de paraître : Décidément je t'assassine (Impressions Nouvelles). Une mère qui ignore tout de l'affection communément acquise entre mère et fille rejette tous les gestes d'offrande de sa fille en même temps qu'elle exige sa présence. Une partition époustouflante sur la fidélité filiale et un réel bonheur de lecture."

Pascal Tison, "Les mercredis où l'on dit", Par Ouï-dire
31 mars 2010

"Des mots. Secs. Nets. Rugueux. Qui montrent, appellent, interpellent. Des phrases cruelles, implacables. On est dans le trait sans bavure. Rien de trop. Juste l’essentiel. L’émotion est là, pourtant. Mais retenue. La nudité du propos ne parvient pas à écarter la violence des sentiments. Ceux que l’on tend. Ceux que l’on guette. Ceux que l’on tait ou a tus trop longtemps. C’est un livre terrible, troublant sous la glace et brûlant comme un alcool fort. On ne peut qu’en être ébranlé."

Monique Verdussen, La Libre Belgique (lire l'article)
29 mars 2010

"Ce qui bouleverse dans ce roman, c’est l’absence de lyrisme, de romantisme, de pathos. L’écriture n’est jamais engrossée par un excès quelconque. Pas de graisse dans ce livre. De l’os, rien que de l’os. Le scalpel de l’écrivain légiste a gratté tout le superflu et n’a laissé que le quotidien, les gestes, les objets, les paroles, celles qui sont dites et celles qui ne le sont pas."

Jean-Claude Vantroyen, Le Soir (lire l'article)
26 mars 2010

"Le roman se partage en deux mouvements : l'un accompagne la mère dans l'hôpital jusqu'à l'agonie et la mort ; le second conduit la fille à explorer la maison de la défunte et à reconstituer la mémoire d'un amour filial impossible. (...) Avec l'efficacité sidérante de l'écriture elliptique dont Hoex est une orfèvre, le lecteur est saisi à la gorge et d'emblée placé au milieu de cet affrontement d'autant plus effroyable qu'il est muet sur l'essentiel. (...) Un très grand roman qui démontre, si besoin était, combien l'écriture peut aller à l'essentiel de l'humain, jusqu'au plus intime, avec la force qui conduit le lecteur à une empathie totale avec les protagonistes de cette tragédie du silence."

Edmond Morrel, Demandez le programme ! - Espace Livres
24 mars 2010

"Les mots de Corinne Hoex, en poème ou en roman, trahissent une sensibilité à fleur de pages. Décidément je t'assassine immortalise une expérience intime, celle, irréparable, du départ vers ailleurs d'une mère."

Guy Bernard, La Dernière Heure
4 mars 2010

"L'émotion transparaît dans les interstices, dans les non-dits, dans les silences. Bref, une réussite dans ce qui apparaît comme un genre littéraire en soi, celui du deuil."

Michel Paquot, Culture, magazine culturel en ligne de l'ULg
25 février 2010

"Le style est simple, direct, juste, sans fioriture."

Michel Paquot, Vers l'avenir
février 2010

"Dans un style littéraire dense, sec, (...) Décidément je t'assassine est un livre magnifique sur la désillusion dominée par cette soif irrépressible de devenir soi."

Gilles Martin, Indications
février 2010

 
     
 
Liens
 
 

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