L’éditeur transgenres

Le monde de l’édition est en pleine mutation. Le nombre de maisons indépendantes diminue dans un paysage économique qui impose concentrations et fusions. Les auteurs les plus en vue s’accommodent de la normalisation imposée par le marché culturel. Les livres se multiplient, mais les ouvrages singuliers ont de plus en plus de mal à se faire une place, dans les médias et dans les librairies.

Que signifient, dans un tel contexte, l’existence et le projet des Impressions Nouvelles ?

Il ne suffit plus de publier de vrais livres qui cherchent à s’imposer dans la durée, ni de soutenir des écritures personnelles et des formes de pensée originales. Les Impressions Nouvelles le font depuis longtemps, avec des textes et des auteurs dont plusieurs ont fait date, de La Cage de Martin Vaughn-James à Miss.tic, femme de l’être de Christophe Genin, en passant par La Voix dans le débarras de Raymond Federman, L’éternité par les astres d’Auguste Blanqui et Ma guerre de Troie de Daniel Kammer.

Il faut surtout que ces choix résultent d’une certaine idée du livre. Éditer pour Les Impressions Nouvelles, c’est dépasser les frontières des genres établis et des sujets qui les prolongent mécaniquement. C’est construire des liens entre des ouvrages venus d’horizons différents. C’est inventer des objets spécifiques, adaptés à chacun des projets. C’est mettre en place de nouveaux réseaux pour atteindre de nouveaux lecteurs.

Seules les Impressions Nouvelles publient à la fois Anthropogénie d’Henri Van Lier – somme philosophique de plus de mille pages – et les bandes dessinées d’Aurélia Aurita – jeune auteure qui réinvente l’autobiographie en bande dessinée. Mais aussi Ferran Adrià, l’art des mets de Jean-Paul Jouary – un beau livre où se rencontrent gastronomie et philosophie –, Les écofictions, mythologies de la fin du monde de Christian Chelebourg – un essai où l’analyse des blockbusters se double d’une critique des modes de pensée convenus sur le désastre écologique – ou encore Je suis mon rêve – adaptation en français d’une bande dessinée de l’avant-garde espagnole.

Loin des ghettos de la spécialisation et des contraintes imposées par les stéréotypes des genres, Les Impressions Nouvelles s’affirment aujourd’hui comme un éditeur rigoureusement transgenres, dans un va-et-vient permanent entre défis de la forme et défis de la pensée.

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L’équipe

Benoît Peeters, fondateur et directeur général

Jan Baetens, fondateur et conseiller

Marc Avelot, fondateur et conseiller

Patricia Kilesse, coordination générale

Mélanie Dufour, coordination éditoriale

Tanguy Habrand, coordination éditoriale (Espace Nord)

Charlotte Heymans, service presse, droits internationaux et webmaster