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Laïos
Vincent Magos
Les Impressions Nouvelles
collection Théâtre
96 pages, 16 x 24 cm,
13 euros
ISBN 2-906131-88-1
EAN 9782906131880
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La Pièce
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On connaît bien le destin d'Œdipe
qui tue son père et épouse sa mère avant
de se crever les yeux. Étrangement, le roi Laïos est
souvent oublié. Pourtant la malédiction de sa lignée
serait due au viol d'un enfant.
Vincent Magos évoque les événements qui précèdent
la tragédie de Sophocle. On assiste à la trahison
de Laïos, sa prise de pouvoir à Thèbes, son
emprise sur Jocaste, sa confrontation avec Œdipe. Et la sphinge
de rôder alentour…Éternellement.
Convoquer le mythe est, on l'aura compris, une manière
de parler de l'actualité, de l'exercice du pouvoir dans
tous ses abus, de l'homme remplaçable, jetable… Au
delà de la pédophilie, la perversion, quand elle
est à l'œuvre, corrompt aussi bien la sphère
intime des relations d'amour et d'amitié que les sphères
publiques, politiques…
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L'auteur
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Psychanalyste, Vincent Magos est responsable
de la Coordination de l’aide aux victimes de maltraitance
au sein du Ministère de la Communauté française
de Belgique ; il a publié plusieurs romans et dirigé
un volume collectif : Procès Dutroux : penser l’émotion.
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Laïos, père d’Œdipe,
figure de la perversion
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On connaît bien le destin d’Œdipe
qui tue son père et épouse sa mère avant
de se crever les yeux. Étrangement, le roi Laïos est
souvent oublié ; pourtant la malédiction de sa lignée
serait due au terrifiant viol d’un enfant. Le recours au
mythe n’est, on l’aura compris, qu’une manière
de parler de l’actualité, de l’exercice du
pouvoir dans tous ses abus.
Selon les époques, la visée politique ou sociale
(Senèque, Corneille, Voltaire, Anouilh,...) ou encore le
projet scientifique (Freud, Levi-Strauss, Lacan,...) la mythologie
grecque et le cycle thébain fascine et donne lieu à
des interprétations et relectures très diverses,
elles-mêmes suscitant multiples commentaires.
Convoquer le mythe est une manière d’évoquer
l’actualité. Or, justement, parmi les interprétations
de la malédiction dont la lignée des labdacides
fait l'objet, on “oublie” souvent, notamment dans
le théâtre, Laïos, père d’Œdipe,
et le viol qu’il commit sur un enfant..
Si la plupart des pièces de Sophocle sont perdues, on y
trouve néanmoins une référence dans le manuscrit
d'Œdipe Roi :
Ô Labdacide Laïos, tu veux une heureuse race ?
Je te donnerais donc un fils. Mais le sort te condamne
à quitter la lumière du jour par sa main. Le Cronide
Zeus l’a voulu, écoutant Pélops aux menaces
haineuses
dont tu as violé le fils : car telle est sa prière.
Partant de ce fragment du texte de Sophocle, Vincent Magos propose
une lecture de la destinée d'Œdipe, liée à
la faute de Laïos. La malédiction n’est bien
sûr pas liée à l’homosexualité
(courante et codifiée dans la Grèce antique) mais,
comme Georges Devereux l’a montré, à la rupture
des règles sociales et à l’usage de la violence.
Ce n’est certes pas pur hasard qu’un belge s’empare
de la figure de Laïos. Cependant tout l’intérêt
du texte est de dépasser le thème de la pédophilie
pour monter comment la perversion, quand elle se déploie,
corrompt aussi bien la sphère intime des relations d’amour
et d’amitié que la sphère publique et politique.
Sans doute est-ce cela qui a poussé le romancier sur scène
: le théâtre n’est-il pas le lieu privilégié
pour faire ressentir toute l’horreur de la perversion de
la langue ?
Inévitablement, on s’interroge aussi comment Vincent
Magos, psychanalyste, travaille à l’ombre du dramaturge.
À ce propos, il reste discret : « Freud a fait d’Œdipe
la figure emblématique de la névrose. Peut-être
Œdipe doit-il ce destin, somme toute des plus communs, à
la “normalité” de ses parents adoptifs, les
souverains de Corinthe. Par contre, l’éclairage de
la perversion est une manière d’envisager Laïos
et le couple qu’il forme avec Jocaste. Mais ceci a peu d’intérêt,
il s’agit de théâtre et non d’une thèse.
Je m’intéresse davantage à ce qui m’échappe
et résonne avec le monde contemporain qu’à
l’étayage d’arguments théoriques. »
De fait, l’érudition s’efface et la pièce,
qui se déroule dans un temps incertain entre antiquité
et modernité, est traversée, comme l’actualité,
par la violence d’un langage d’emprise, des dialogues
acérés, avec pour arrière-plan, la fureur
des médias et le tir des kalachnikovs.
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