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LES PETITS DIEUX
Sandrine Willems
Histoires d’hommes et de bêtes
Récits
Collection "Traverses"
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Présentation de l'ensemble
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Les petits dieux constituent un ensemble de onze romans miniatures. Chacun évoque, sous forme de monologue, un personnage mythique ou historique, dont le destin fut marqué par un animal — d’Abraham à celui que Freud surnomma "l’Homme aux loups", en passant par Saint Jérôme ou la Dame à la licorne.
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Les petits dieux
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Chardin et le lièvre
14,8 cm x 21 cm - 64 pages
7 euros
Lire un extrait
Chardin peint son dernier autoportrait, et une fois pour toutes, règle ses comptes avec Diderot. S’il a fait si peu de visages, ce n’était pas, comme certains l’ont pensé, parce que sa médiocrité le vouait aux légumes et aux fruits, mais pour se consacrer aux bêtes mortes, dont personne ne veut. Il restera un homme des bois, un raboteux si l’on veut, mais il saura que toutes les couleurs tiennent entre le gris et le brun, et qu’il existe un monde entre un lièvre et lapin.

La Dame et la licorne
12,5 x 17 cm - 48 pages
6 euros
Lire un extrait
Emergeant des siècles et de sa tapisserie, la célèbre inconnue retrace, fil à fil, son destin : elle s’appelait Marguerite et venait d’Autriche, en réalité était fort laide, et épousa Philibert le Beau. Infiniment éprise de son mari, elle le perdit dans sa prime jeunesse, et consacra sa vie à lui bâtir un tombeau, où elle irait le rejoindre dans la mort. Sa licorne elle-même ne serait-elle pas un avatar du Très-cher ?

Tchang et le Yéti
12,5 x 17 cm - 48 pages
6 euros
Lire un extrait
Tchang, le jeune Chinois dont une célèbre bande dessinée fit un héros, écrit à l’Occidental qui voulut autrefois l’adopter. Il revient, vingt ans après, sur cet accident d’avion qui le laissa, enfant, en plein Himalaya, et restitue les faits que ses prétendus sauveurs avaient déformés. Le petit n’avait en effet nul désir de quitter son Yéti, qui prit soin de lui comme une mère. Et lorsque l’enfant le perdit, il se serait bien laissé mourir, si des moines tibétains ne lui avaient appris que les dieux, à son gré, pouvaient prendre visage de singe.

L'Homme et les loups
12,5 x 17 cm - 48 pages
6 euros
Lire un extrait
Le jeune homme soigné par Freud, qui le baptisa l’Homme aux loups, s’interroge sur sa psychanalyse : les illusions qu’elle a dissipées, les angoisses qu’elle a laissées, les marques d’amitié qu’au cours des séances il mendiait au Professeur, la froideur à laquelle, souvent, il se heurtait. Russe en exil, ruiné par la Révolution, et plein de passions frustrées, il n’a plus qu’à se rendre au zoo de Vienne, en proie à la nostalgie des neiges de son pays, pour se jeter dans la gueule de ses frères les loups.

Carmen et le taureau
12,5 x 17 cm, 64 pages,
6 euros
ISBN 2-906131-36-9
Une vieille femme, qui dans sa jeunesse inspira à Mérimée son portrait de Carmen, vient de voir l’opéra de Bizet qui en fut tiré. Elle écrit donc au compositeur pour le remercier, de l’avoir, contrairement au romancier, si bien comprise. Sa vie tourna en effet à la tragédie. Mais ce ne fut pas elle qui fut tuée par un quelconque amant : non, cette femme-là n’avait pas d’amant, elle n’avait qu’un amour, et lorsqu’il se porta sur un taureau, elle tua le torero.

Artémis et le cerf
12,5 x 17 cm, 48 pages,
6 euros
ISBN 2-906131-40-7
Artémis la chasseresse vient de tuer le seul être qu’elle aurait pu aimer, ce jeune cerf en qui Actéon fut changé, parce qu’il avait vu la déesse toute nue. Alors elle tente de lui expliquer, que la faute en revient à son frère, trop beau et adoré, cet Apollon qui avait le goût des hommes, et qu’inlassablement elle poursuivait, dans l’espoir qu’il pose les yeux sur elle. Et quand parut Actéon, elle ne parvint plus à croire que quelqu’un pût s’intéresser à elle.

Borgès et la lézarde
12,5 x 17 cm, 64 pages,
6 euros
ISBN 2-906131-43-1
Les quelques pages écrites par Borges, durant les derniers jours qu’il lui reste à vivre, diffèrent étrangement de celles qui les précèdent : l’auteur en veut, soudain, à tous ces livres qui ont dévoré son existence, il regrette la pampa de ses ancêtres, et les fauves qu’il allait admirer dans son enfance. Au-delà d’eux, il rêve même du chien qui aurait guidé ses pas d’aveugle, d’ailleurs il lui semble sentir sa langue râpeuse – à moins que ce ne soit une lézarde dans le mur.

Saint Jérôme et le lion
12,5 x 17 cm, 64 pages,
6 euros
ISBN 2-906131-44-X
Jérôme va mourir, dans son désert ; il raconte comment il en vint à confondre la solitude avec la sainteté, laissant toutes ses amours à Rome, depuis la poésie latine jusqu’à cette femme aux yeux de fauve qui s'appelait Paule ; et comment, à la fin, un lion dont il soigna la patte rendit la paix à son âme, et la vie à cet enfant que mystérieusement Jérôme aurait donné à Paule.

Abraham et l'agneau
12,5 x 17 cm, 48 pages,
6 euros
ISBN2-906131-48-2
Abraham revit ses épreuves, la parole de Dieu, l’errance vers la Terre Promise, Sara frappée de stérilité, la paternité à cent ans, l’enfant qu’il faut sacrifier – le sens de tout cela paraissant se livrer dans le mouton qui se jeta sur son bûcher, à la place de son fils, et que le patriarche laissa brûler. Depuis lors la culpabilité l’oppresse — comme si c’était lui qui avait commis le péché originel.

Nietzsche et les oiseaux
12,5 x 17 cm, 48 pages,
6 euros
ISBN 2-906131-49-0
Nietzsche évoque les bêtes de son œuvre, des sangsues du savoir à l’aigle du soleil. Il reconnaît que ses métaphores étaient exsangues, que lui-même n’avait plus de corps, et qu’il fallut la maladie pour se remettre à respirer. Dès lors, ses amours se raniment, depuis la Cosima de Wagner qu'il courtisa grâce à un perroquet, jusqu'à Lou Salomé, qu'il tenta d'arracher à ses bichons. Mais à présent, le philosophe a cessé de souffrir par ces femmes, et de parler, il peut écouter les oiseaux, et chanter pour les chevaux.

Franju et le porc
12,5 x 17 cm, 48 pages,
6 euros
ISBN 2-906131-50-4
Le réalisateur du Sang des bêtes se rappelle ses révoltes, contre un monde où les hommes comme les agneaux sont menés à l’abattoir, et où les champignons ne sont plus qu’atomiques. Traquant le peu de poésie qui y subsiste, il parsème ses films de quadrupèdes ou d’oiseaux. Mais lorsqu’il faut, dans l’un ou l’autre plan, qu’un cheval ait la crinière en feu, ou qu’un corbeau tombe mort, le cinéaste se sent brusquement devenir complice du meurtre universel. Le caméra, par un retour à ses origines, est redevenue fusil photographique.
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En savoir plus sur le projet
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- "L'auteur a la parole", par Sandrine Willems
- "Le travail de la prose", par Jan Baetens
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La presse
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"À l’origine de ces livres, il y a d’abord des émotions, de celles, justement, qui paraissent ne pouvoir se dire, tant elles sont brutes et violentes, des émotions d’enfants, qui ne sortent qu’en larmes ou en cris. Pourtant, Sandrine Willems a trouvé les mots pour les dire, et le résultat, intitulé Les petits dieux, est magnifique."
Michel Paquot, Le Journal du Mardi, décembre 2002
"Une jeune écrivaine s'est lancée dans un projet inédit, à la fois ambitieux et modeste, et est en train de le mener magistralement à bien. Il s'agit de confectionner onze petits livres, tous voués à l'interaction entre l'humain et l'animal. Elle y procède sous forme de monologues, d'une extrême subtilité, qui vont très loin dans une problématique, mais sur des pattes de colombe, celles de l'intelligence et du style.
Qu'elle nous parle de la rencontre de Tchang et de l'abominable homme des neiges, qui est la tendresse même, ce que Hergé avait génialement pressenti, ou du patient freudien que les loups hantaient, elle fore au plus profond d'un thème, et en tire des résonances inouïes. Cela donne de petits volumes adorables qui sont des comprimés d'analyse et d'intuition. La démonstration en tout cas qu'un auteur de première force se fait une écriture dont il y a tout à attendre."
Jacques De Decker, Le Soir, décembre 2001
"Sandrine Willems, au fil de la série, fait preuve d’une souplesse d’esprit, d’une habileté d’écriture et d’étonnantes connaissances : elle investit tour à tour l’esprit labyrinthique de Borges ou celui, devenu fou, de Nietzsche, elle évoque la peinture française au XVIIIe siècle ou la vie de cour au début du XVIe, elle raconte la nostalgie douce d’un Chinois et le tempérament explosif d’une Espagnole… Bien sûr, il s’agit de romans dans lesquels l’auteur se donne des libertés, mais il s’agit aussi de personnages connus, habitants de l’imaginaire collectif, qui ne peuvent être interprétés n’importe comment et à qui il faut donner une nouvelle identité révélatrice. Sandrine Willems se coule dans l’intimité de chacun et son contexte historique pour nous donner une vision particulière de sa vie, éventuellement de son œuvre, et le faire parler comme jamais encore on ne l’avait entendu. (…) Je voudrais dire combien elle touche avec justesse et jubilation au vivant, à l’émotion."
Jack Keguenne, Le Carnet les Instants, octobre 2002
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Le point de vue des lecteurs
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Nietzsche et les oiseaux
"Cinquante pages de tendresse et d'affection dédiées à un philosophe que Sandrine Willems dépeint sous un jour diamétralement opposé à l'austérité que l'on associe généralement à l'image de Nietzsche. (...) Une folie douce au fil des pages, un récit de qualité à lire et relire pour l'humanité et la poésie qu'il contient."
Sahkti, Critiqueslibres.com (lire la critique), 30 janvier 2006
Tchang et le Yéti
"Un texte magnifique, touchant de sincérité, qui apporte un regard neuf et complètement transformé sur la bonne morale de l'histoire bien connue de Tchang sauvé des vilaines pattes du monstrueux Yeti. Un doigt accusateur gentiment pointé par Sandrine Willems sur notre manière de nous ériger en juges et en garants de la civilisation développée. Bien vu !"
Sahkti, Critiqueslibres.com (lire la critique), 30 janvier 2006
Franju et le porc
"Ton grave et résigné dans ce texte, Sandrine Willems donne la parole à un homme qui part sur un constat d'échec qu'il traînera avec lui sa vie durant. Fiction, toujours, mais analyse intéressante de l'oeuvre cinématographique d'un homme qui a été influencé par une vision d'horreur à l'entrée de l'adolescence, qui le marquera à jamais et dont il tentera de retrouver les traces comme il peut."
Sahkti, Critiqueslibres.com (lire la critique), 30 janvier 2006
Borgès et la lézarde
"Autoportrait sans concession d'un homme qui se sait mourant et se plonge dans le passé à la recherche d'un bâton sur lequel s'appuyer. C'est touchant et humain, fidèle à Sandrine Willems et sa plume si sensible. (...) Une très belle histoire, pleine de tendresse et d'émotion."
Sahkti, Critiqueslibres.com (lire la critique), 2 février 2006
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Liens
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- Notre page consacrée à Sandrine Willems
Sandrine Willems aux Impressions Nouvellles :
- Le Roman dans les ronces, ou la légende de Charles VI, roi fou, et de sa servante, 2003.
- Le Sourire de Bérénice, roman, 2004.
- Élégie à Michel-Ange, récit, 2005.
- À l'espère, roman, 2008.
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